Mali : La junte expulse le directeur de la division des droits de l’homme de la MINUSMA

Au Mali, le congolais Guillaume Ngefa-Atondoko Andali, directeur de la division des droits de l’homme de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) a été expulsé par la junte au pouvoir.

Ce ressortissant de la République démocratique du Congo a été déclaré « persona non grata », dimanche 5 février, par les autorités maliennes. Il « devra quitter le territoire national dans un délai de 48 heures ».

Cette décision annoncée par communiqué intervient après un discours violemment critiqué par la junte prononcé par une défenseure des droits humains malienne qui a dénoncé il y a dix jours à l’ONU la situation sécuritaire du pays et l’implication, d’après elle, des nouveaux alliés russes de l’armée nationale dans de graves violations.

« Cette mesure fait suite aux agissements déstabilisateurs et subversifs » de Guillaume Ngefa-Atondoko Andali, dit le communiqué lu au journal de la télévision nationale et signé par le porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maiga.

« A l’occasion des différentes sessions du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Mali, les actions de M. Andali ont consisté à sélectionner des usurpateurs s’arrogeant le titre de représentant de la société civile malienne, en ignorant les autorités et les institutions nationales », poursuit-il à propos.

« La partialité de M. Andali a été encore plus manifeste lors du dernier examen du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Mali », jour de l’intervention au titre de la société civile d’Aminata Cheick Dicko. Dans une intervention filmée devant le Conseil de sécurité, Mme Dicko, la vice-présidente de l’observatoire Kisal, organisation qui documente les atteintes aux droits humains dans le centre du Mali a évoqué les exactions commises par les « terroristes », mais aussi l’implication des « partenaires militaires russes » de l’armée malienne dans « la commission (de) violations graves des droits de l’Homme et du droit international humanitaire ».

L’expulsion de Guillaume Ngefa-Atondoko Andali intervient après que le ministère des affaires étrangères malien annonce l’arrivée de Sergueï Lavrov à Bamako lundi. C’est la première fois qu’un ministre des affaires étrangères russe se rend officiellement dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Depuis son arrivée au pouvoir lors d’un coup d’État en 2020, la junte militaire malienne a fait appel à Moscou pour l’envoi de mercenaires russes, une décision contestée par ses voisins et les pays occidentaux.

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